L’enfant bouc
Il était une fois dans une contrée mystérieuse, un enfant bouc, qui vivait au milieu des boucs, parlait le bouc et aimait le bouc. Tout n’était que bouc dans sa vie à la différence près qu’il ne ressemblait en rien (enfin presque) à un bouc. Son histoire n’a jamais été racontée dans les livres pour enfants ni d’ailleurs pour les grands enfants, car c’est une histoire qui fout les boucs. Cependant, après moultes discussions avec madame Censure, nous avons décidé de vous conter la TERRIBLE histoire de l’enfant bouc. Accrochez-vous au pinceau on enlève l’échelle :
Un beau matin d’août 69 Madame et Monsieur Pelos se baladaient dans une vallée bien éloignée de notre civilisation, non loin du célèbre temple d’Angkor. Cela faisait déjà deux semaines qu’ils sillonnaient le Cambodge et qu’ils avaient loué une chambre pour deux personnes afin de passer des vacances bien méritées.
Le seul problème de cette chambre était, non pas son confort, mais le fait qu’ils n’étaient pas seuls.
En effet, bébé Pelos les accompagnait et Madame et Monsieur Pelos venaient de comprendre leur erreur quand un beau soir de novembre ils avaient regardé la télé pour la première fois de leur vie l’un derrière l’autre ou l’un devant l’autre (comme vous voudrez).
Depuis ce jour, et surtout neuf mois après, leur vie devint un cauchemar.
Bébé Pelos était le plus horrible des bébés et non pas parce qu’il pleurait la nuit comme le jour, NON. Ce qui était terrifiant chez lui c’était son ENORME barbichette qui était d’une telle longueur que s’en était obscène. Tous les amis du couple Pelos se moquaient d’eux et d’autant plus que Monsieur Pelos était aussi chauve que monsieur Balard bien connu dans le petit village où ils vivaient, (tant pis pour ceux qui ne le connaissent pas).
Bref, en ce jour de bonheur dans les contrées magiques d’Angkor, le couple Pelos commis l’irréparable, l’injustifiable et pourtant le supportable. A l’orée d’un bois ils abandonnèrent bébé Pelos, et s’enfuirent en direction de la ville et de la vie retrouvée.
Mais bébé Pelos ne se laissa pas démonter, en fait, il ne se rendit compte de rien, et pour tout dire, il ne se rendait jamais compte de quoi que ce soit. Il s’endormit paisiblement sur un coin de mousse. Lorsqu’il se réveilla, il était nez à nez avec un Bouc.
Etant complètement myope, il s’écria tout à coup : PAAAAAAPAAAAAAAAAA ! ! !
Le bouc épouvanté par cette insoutenable révélation pris ses sabots à son cou et courra rejoindre madame la chèvre qui s’occupait à l’élection prochaine de son propriétaire à la mairie du village proche d’Angkor, la communauté de boukis.
Monsieur le bouc demanda des explications à madame la chèvre sur le bébé dans la mousse : « donnes moi des explications sur le bébé dans la mousse ! »
Mais madame la chèvre ne comprenait pas. De quoi parlait-il ? : « Je ne comprends pas, de quoi parles–tu ? ».
Après explications, madame la chèvre voulu à tout prix voir le bébé dans la mousse. Quand elle plongea son regard dans sa barbichette, elle su qu’elle l’aimerait jusqu’à la fin de ses jours. Elle l’adopta tout de suite. Mais monsieur le bouc n’était pas de cet avis. « comment peux-tu adopter un bébé qui en a une plus grosse que mois ? ».
10 années passèrent, monsieur le bouc et madame la chèvre vivaient paisiblement dans le village de boukis.
Seulement tout n’était que cauchemar pour l’enfant bouc, le bébé Pelos qui n’était pas du tout accepté par ses frères et sœurs, par ses cousins et cousines et par les uns et les autres boucs et chèvres réunis.
A son grand désespoir il était devenu un « bouc émissaire ».
Les chèvres lui tiraient les poils du bouc, les boucs le boudaient et le pire de tout, sa mère madame la chèvre l’appelait mon biquet. Quel humiliant sobriquet pour un enfant de 10 ans !
A l’adolescence, il eut quelques problèmes avec les chèvres. Il n’arrivait pas à se contrôler, si bien qu’à chaque fois qu’il rencontrait une mademoiselle chèvre il avait des turgescences qu’il n’arrivait pas à maîtriser (voir page 2610 du petit robert pour la définition de turgescence), et c’est dans ces moments là qu’il vénérait son bouc si énorme et si long qu’il dissimulait son appendice. Le plus honteux pour lui ne fut finalement pas qu’il mettait à jour son attirail, mais surtout qu’il dévoilait aux yeux de tous une autre honteuse bourde de sa physionomie :
Il n’avait que trois poils au cul !
Souvent il avait rêver que la nature soit plus juste avec lui, ou que du moins, elle avait fait l’équilibre entre son bouc et son bout … ! mais la vie était ainsi faite, c’était un homme à bouc et puis c’est tout.
Mais voilà qu’il tomba amoureux, tout allait très bien avec sa petite amie, jusqu’au jour où celle-ci en pleine nuit, rasa le bouc vénéré, car elle en avait marre de se prendre sans arrêts les sabots dedans et de se casser les cornes en tombants.
Le mal était fait, il se réveilla en plein cauchemar. Comment allait-il à présent, cacher la honte de sa vie, sans son bouc ? Il ne fallu pas attendre bien longtemps avant que le drame ne se produise et ceci devant la propre sœur de sa fiancée. Sans pouvoir se retenir il lui offrit en plein visage ses bijoux de famille et ne pu que s’enfuir de honte devant ce spectacle. La vie avec les chèvres et les boucs touchait à sa fin.
Il décida un beau matin de partir loin du temple d’Angkor, loin des chèvres et loin des boucs, qui, depuis qu’il avait mué à 18 ans, le surnommait « bouc lela ».
Mais où aller ? aux Etats Unis ? non on l’appellerait vite Boucman ! au Maroc ? non, vaut mieux éviter d’être surnommé baboucs ! Il réfléchit un peu avec toute la capacité neuroniale qui est la sienne.
Il avait lu étant petit qu’il existait un pays magnifique, la France, où tous les boucs et les chèvres étaient heureux. Dans ce pays merveilleux, il se rendit et dans le département des deux-chèvres il fut accueilli.
Mais il connu le même problème avec les boucs et les chèvres françaises. Comment faire alors ? ou vivre si personne ne l’accepte ? quand tout le monde ne pense qu’à lui tirer la barbichette et lui donner des claques parce que c’est toujours lui qui rit en premier ?
Heureusement pour lui, la plus vieille chèvre du troupeau, à qui il avait d’ailleurs accordé ses faveurs (il faut bien s’entretenir…), cette vieille chèvre donc, lui conseilla de se rendre dans la ville la plus paumée de tout l’hexagone, et c’est ainsi que Versailles l’accueillit en son sein.
Il venait de trouver l’Eldorado, sa Palestine à lui ! ici il pouvait vivre heureux, car ici personne ne parle à personne et surtout personne ne parle à un bouc.
Il résolu aussi son problème avec les filles, il était devenu un bouc virtuel.
De son ordinateur, il pouvait tout rêver, tout espérer et tout aimer.
Tout Versailles ne parlait plus que du bouc et de la souris, et lui, souriait en mangeant ses Princes (Versailles oblige !)
THE END
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